Le 14 août 2026, à Cavaillon, dans le département du Sud, j’ai eu le plaisir de modérer le panel « Technology & AI » dans le cadre du 4e Symposium annuel de Man Dodo Humanitarian Foundation, Inc., une initiative consacrée cette année au développement des futurs leaders à travers l’innovation, l’éducation et le service.

J’ai partagé cet espace d’échange avec Marc Alain Boucicault, fondateur de Banj, Bloody Bordenave, Project Manager à Banj, et Cosy Joseph, Ecosystem Builder. Devant un public composé principalement de jeunes, nous avons discuté des opportunités qu’offre aujourd’hui l’intelligence artificielle, mais également des compétences, des risques et des responsabilités qui doivent accompagner son utilisation.

L’un des constats importants de la discussion est que l’intelligence artificielle est en train de réduire plusieurs barrières qui limitaient autrefois l’accès à la connaissance et à certains outils professionnels. Marc Alain a notamment sensibilisé les jeunes sur l’importance de profiter de cette nouvelle réalité. Aujourd’hui, un jeune disposant d’un téléphone ou d’un ordinateur connecté peut utiliser l’IA pour apprendre, approfondir un sujet, développer de nouvelles compétences, améliorer son travail, structurer une idée ou avancer sur un projet. Ces possibilités nous obligent également à revoir certaines excuses : les outils sont de plus en plus accessibles, et il appartient maintenant aux jeunes de développer la curiosité et la volonté nécessaires pour les exploiter.

Mais avoir accès à un outil puissant ne signifie pas qu’il faut l’utiliser sans discernement.

Bloody a attiré l’attention sur plusieurs risques liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Parmi eux figurent la dépendance excessive aux outils et la possibilité d’obtenir des informations inexactes. Une réponse produite par une IA peut paraître parfaitement convaincante tout en contenant des erreurs. Il devient donc indispensable de conserver son esprit critique, de vérifier les informations importantes et de ne jamais considérer automatiquement une réponse générée par l’IA comme une vérité.

La question de la responsabilité a également occupé une place importante dans les échanges. Cosy a rappelé que nous évoluons encore dans un environnement où la réglementation autour de l’intelligence artificielle reste limitée. En attendant la mise en place de cadres plus structurés, nous avons chacun une responsabilité dans la manière dont nous utilisons ces technologies. L’absence de réglementation ne doit jamais devenir une justification pour faire un mauvais usage de l’IA.

Utiliser l’intelligence artificielle de manière responsable signifie notamment comprendre les conséquences de ses actions, protéger les informations sensibles, respecter les autres, éviter les usages malveillants et savoir reconnaître les limites de la technologie.

Nous avons également abordé une difficulté de plus en plus fréquente chez les nouveaux utilisateurs : la multiplication des outils d’intelligence artificielle. Face à des dizaines de plateformes capables d’écrire, rechercher, analyser, créer des images, produire des vidéos ou assister dans différentes tâches, un jeune peut rapidement se sentir perdu.

Le message partagé était simple : il n’est pas nécessaire de maîtriser tous les outils. Il faut d’abord comprendre son besoin, puis identifier la technologie qui permet d’y répondre. L’objectif n’est pas de collectionner les plateformes d’IA, mais d’apprendre à utiliser les bons outils pour résoudre de vrais problèmes.

Au-delà de la technologie, ce panel a donc été une invitation adressée aux jeunes à développer leurs compétences, leur curiosité, leur esprit critique et leur sens des responsabilités.

L’intelligence artificielle peut transformer notre manière d’apprendre, de travailler, d’entreprendre et de créer. Elle peut également donner à une nouvelle génération davantage de moyens pour imaginer des solutions adaptées aux réalités d’Haïti.

Mais la technologie seule ne produira pas cet impact.

Les opportunités sont là. Les outils sont là. À notre jeunesse maintenant d’apprendre à les utiliser avec intelligence, responsabilité et ambition pour créer un impact positif dans sa communauté et dans le pays.

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