Le 6 juin 2026, j’ai eu l’honneur de participer en tant que panéliste au panel Technologie de DevExpo 2026, une initiative de Banj, portée localement par ProSpace Community et Project St Anne de Camp-Perrin, organisé au Centre Technique et Professionnelle Paulo Freire des Cayes. J’ai eu le plaisir d’échanger aux côtés de Jude Pierre Louis et Isabelle Clérié, sous la modération de Cosy Joseph, autour des défis et des opportunités liés au développement technologique en Haïti.
Cette rencontre a permis d’aborder une question essentielle : comment préparer Haïti à tirer pleinement parti des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle malgré les nombreux défis auxquels le pays est confronté ?
Au cours de mon intervention, j’ai insisté sur un message simple mais fondamental : les difficultés ne doivent jamais devenir une excuse pour arrêter d’apprendre. Les coupures d’électricité, les problèmes d’accès à Internet ou le manque de ressources sont des réalités auxquelles nous faisons face quotidiennement. Cependant, ces obstacles ne doivent pas empêcher les jeunes, les professionnels et les entrepreneurs de développer leurs compétences.
J’ai encouragé les participants à rechercher des solutions alternatives plutôt que de se concentrer uniquement sur les problèmes. Aujourd’hui, il existe de nombreuses façons d’apprendre : télécharger des ressources pour les consulter hors ligne, utiliser l’énergie solaire, partager une connexion Internet ou profiter des espaces collaboratifs disponibles. L’élément le plus important reste la volonté d’apprendre et de progresser.
Nous avons également échangé sur les immenses opportunités offertes par l’intelligence artificielle dans des secteurs comme l’éducation, l’agriculture, la santé, l’entrepreneuriat, la finance et les services publics. L’IA représente un outil puissant pour améliorer la productivité, accélérer l’innovation et créer de nouvelles opportunités économiques, à condition que nous investissions dans le développement des compétences numériques.
L’un des points forts de mon intervention concernait la nécessité pour Haïti de développer son propre écosystème de données. J’ai défendu l’idée de la création d’un Data Center national, capable d’héberger, protéger et valoriser les données produites dans les différents secteurs du pays. Disposer de nos propres infrastructures numériques permettrait de renforcer notre souveraineté numérique, d’améliorer la sécurité des informations stratégiques et de favoriser le développement de solutions innovantes conçues pour répondre aux réalités haïtiennes.
Cette réflexion dépasse largement le cadre de la technologie. Les données constituent aujourd’hui une véritable richesse. En produisant, organisant et exploitant nos propres données dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, du commerce ou de l’administration publique, Haïti pourrait accélérer sa transformation numérique et développer des outils d’intelligence artificielle mieux adaptés à ses besoins.
Les échanges avec les autres panélistes et le public ont confirmé une volonté commune : faire de la technologie un levier de développement durable plutôt qu’un simple sujet d’actualité. Les nombreuses questions posées ont démontré l’intérêt croissant des jeunes pour l’intelligence artificielle, l’innovation et les métiers du numérique.
Je remercie les organisateurs de DevExpo Sud 2026 pour cette invitation ainsi que mes collègues Jude Pierre Louis, Isabelle Clérié et le modérateur Cosy Joseph pour la qualité des échanges. Ce panel a rappelé que le développement technologique ne dépend pas uniquement des infrastructures, mais avant tout des femmes et des hommes prêts à apprendre, à innover et à construire des solutions adaptées aux réalités de leur pays.
Cette intervention renforce une conviction qui guide chacune de mes actions : l’avenir numérique d’Haïti ne sera pas construit par ceux qui attendent des conditions parfaites, mais par celles et ceux qui décident d’apprendre, d’innover et d’agir malgré les défis.
Crédit Photo: Densi Photography & Sa k ap fèt Okay?






